Mythe ou réalité : où en sommes nous de la pénurie des œufs en France?
Ces dernières semaines, l'absence d'œufs sur certains étals des supermarchés a fait grand bruit, amplifiée par les médias et les réseaux sociaux. Aux États-Unis, les rayons se vident sous l’effet d’une grippe aviaire sévère, entraînant l’abattage massif de poules pondeuses. En France, bien que la situation soit moins dramatique, des ruptures de stocks locales commencent à se faire sentir. Alors, peut-on vraiment parler de pénurie ? On en parle!
🥚 Une demande croissante mais des ressources limitées
Les œufs ont connu un véritable essor de consommation ces dernières années. Selon Thomas Bartlett, spécialiste du secteur, l'attrait de cet aliment réside avant tout dans son coût relativement bas. "Les œufs sont la protéine animale la moins chère", remarque-t-il, surtout en comparaison avec la viande, dont les prix continuent d'augmenter. De plus, leur valeur nutritionnelle et leur polyvalence culinaire en font un ingrédient incontournable dans de nombreuses recettes.
La demande est donc en constante augmentation. Depuis 2010, la consommation d'œufs n’a cessé de croître, avec une hausse notable de 4 % en 2024, soit 300 millions d'œufs supplémentaires vendus . En grande et moyenne surface, cette tendance se poursuit, avec une progression de 5 % depuis le début de l’année. Face à cette demande soutenue, la filière avicole prévoit de construire 300 nouveaux poulaillers d'ici 2030 pour répondre aux besoins du marché.
🐔 Les ruptures de l'offre : une conjoncture délicate
Malgré cette dynamique de consommation, l'offre fait face à plusieurs défis majeurs. Aux États-Unis, la grippe aviaire a dévasté une partie de la production d'œufs, entraînant des pénuries localisées dans certaines régions. La France, bien que moins touchée, connaît elle aussi des ruptures de stocks ponctuelles, liées en partie à une gestion des approvisionnements perturbée. Ces problèmes sont exacerbés par des facteurs climatiques et économiques qui limitent la capacité de production.
Les professionnels du secteur ne cachent pas leur inquiétude face à ces pénuries localisées, même si la situation n'atteint pas encore un niveau critique à l'échelle nationale. Ces ruptures sont cependant visibles dans certains magasins, alimentant la confusion et la perception d'une pénurie généralisée, alimentée par les médias.
👁 L'œil de l'expert : une réponse pragmatique nécessaire
Bien qu'il soit exagéré de parler de pénurie générale d'œufs en France, les ruptures de stocks locales sont bel et bien réelles, et elles trouvent leurs racines dans une forte demande et une offre fragilisée. Pour éviter que cette situation ne se répète à plus grande échelle, il est crucial que la filière avicole mette en place des stratégies de résilience, notamment en augmentant la production et en renforçant les infrastructures d’élevage.
Les consommateurs, pour leur part, doivent faire preuve de compréhension face à une situation qui reste ponctuelle. Enfin, un suivi attentif des politiques de santé publique, notamment concernant les épidémies animales, sera essentiel pour éviter que ce type de crise ne prenne de l’ampleur.
À propos de l'auteur
Responsable du développement commercial au sein du Groupe Win'Up, Vanessa accompagne des entrepreneurs dans leur projet de création et participe au développement de la notoriété des enseignes du groupe. Sensible aux sujets économiques et financiers, Vanessa partage son avis sur les actualités.