Changement d'heure hiver/été : allons nous pour la dernière fois connaitre cette tradition?
Le changement d'heure, instauré pendant la Première Guerre mondiale pour optimiser l'usage de la lumière naturelle et économiser l'énergie, semble aujourd'hui devenir obsolète. Alors que cette pratique, adoptée par de nombreux pays depuis sa création en 1916, fait l'objet d'une remise en question croissante, il est légitime de se demander si la France, et plus largement l'Union européenne, ne sont pas à l'aube de son dernier passage.
⏲ Une remise en question de plus en plus pressante
À l'heure où les technologies modernes – des ampoules LED aux thermostats intelligents – ont grandement diminué les économies d'énergie espérées par le passage à l'heure d'été, la pertinence de ce changement biannuel est de plus en plus sujette à débat. En parallèle, des effets secondaires bien plus préoccupants se font jour, notamment en ce qui concerne la perturbation des rythmes biologiques des individus. Des difficultés de sommeil, de concentration et de bien-être sont désormais couramment observées lors de ces transitions. Selon une enquête menée par la Commission européenne, pas moins de 84 % des citoyens européens se disent favorables à la fin de cette tradition. Pourtant, des obstacles persistants entravent la mise en œuvre de cette volonté.
❌ L'abolition du changement d'heure : une décision complexe
Bien que le Parlement européen ait voté en 2019 en faveur de l'abolition du changement d'heure, cette décision reste au point mort. Un facteur majeur de blocage réside dans les divergences entre les États membres concernant le choix de conserver définitivement l'heure d'été ou l'heure d'hiver. Chaque pays de l'Union européenne doit, en effet, prendre une décision souveraine. Ce processus est d'autant plus complexe qu'il soulève des préoccupations géopolitiques et économiques. En particulier, les secteurs du transport transfrontalier, du tourisme et de l’énergie sont fortement impactés par la variation des horaires. Comme l’indique Service-public.fr, bien que la directive européenne sur la suppression du changement d’heure ait été votée en 2019, la crise sanitaire de la Covid-19 a entraîné un retard significatif, et il semble que la question ne soit pas à l'ordre du jour avant 2025.
☄️ L'impact de la fin du changement d'heure : pour le meilleur ou pour le pire ?
Les partisans de l'abolition du changement d'heure, tels que certains experts en santé publique et en énergie, soulignent les effets néfastes de cette pratique sur le bien-être des citoyens. Les ajustements biannuels perturbent les cycles de sommeil, avec des conséquences sur la productivité et la santé mentale. Les experts estiment également que les bénéfices énergétiques sont désormais minimes, voire inexistants, notamment grâce aux innovations technologiques récentes dans l'éclairage et la gestion de l'énergie. Par ailleurs, certains pays du nord de l'Europe, comme la Suède ou la Finlande, s'inquiètent des conséquences d'une adoption permanente de l'heure d'été, notamment en raison des journées plus courtes en hiver, qui pourraient entraîner une hausse de la consommation énergétique. À l’inverse, les pays du sud pourraient, eux, voir des avantages dans la lumière naturelle prolongée en soirée.
👁 L'œil de l'expert
Si la France et l'UE parviennent à trouver un consensus sur la fin du changement d'heure, des ajustements considérables seront nécessaires. L'harmonisation des fuseaux horaires dans l'espace Schengen, les révisions des calendriers scolaires et professionnels, ainsi que la réorganisation des infrastructures de transport devront être prises en compte. Cela marquerait la fin d'une pratique qui a rythmé la vie des Européens pendant plus d'un siècle.
À propos de l'auteur
Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français