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Photo d'un titre-restaurant pour un usage actuellement limité aux seuls jours travaillés
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Extension des titres-restaurant aux jours chômés : les pour et les contre s'affrontent

Dans un contexte économique où le pouvoir d’achat est au cœur des préoccupations, une nouvelle question émerge : et si les titres restaurant pouvaient être utilisés tous les jours, y compris le dimanche et les jours fériés ? Actuellement, seuls ceux qui travaillent ces jours-là peuvent en profiter, mais un sondage du Syndicat National de la Restauration Rapide (SNARR) révèle que 85 % des salariés sont favorables à un assouplissement de cette règle. Si cette mesure est étudiée par le gouvernement, elle suscite déjà un vif débat entre ses partisans et ses détracteurs, chacun invoquant des raisons économiques et pratiques. Une réforme qui pourrait redéfinir l’usage de cet avantage, mais pas sans controverse.

📆 Une demande majoritaire : les titres restaurant, tous les jours ?

Selon le sondage commandé par le SNARR, une écrasante majorité de salariés – 85 % – souhaite voir leur droit à l’utilisation des titres restaurant étendu à l’ensemble des jours de la semaine, y compris le dimanche et les jours fériés, qu'ils travaillent ou non. À Rennes, par exemple, dans une boulangerie locale, la question revient fréquemment : “Est-ce que vous acceptez les titres restaurant ?

 “c'est dommage et pénalisant pour notre pouvoir d'achat" répondent certains consommateurs, déçus de ne pouvoir les utiliser le dimanche. Ce besoin de flexibilité semble s’être largement répandu parmi les salariés, pour qui l'accès à ces titres au-delà des jours ouvrés représenterait un réel avantage financier.

L’extension de l’usage des titres restaurant serait, selon Esther Kalonji, déléguée générale du SNARR, une solution pour assurer une "activité viable" pour les restaurateurs, leur permettant de maintenir une activité continue même pendant les périodes traditionnellement plus calmes comme le week-end ou les jours fériés. Elle défend une révision législative qui permettrait à la fois d’élargir l’utilisation des titres restaurant et de soutenir l’économie de la restauration.

⛓️‍💥 Les contre-arguments : le risque d’un "détournement" de l’usage initial

Toutefois, une telle réforme n’est pas sans ses opposants. Sandrine Lambert, présidente du Centre National des Titres restaurant, évoque un "détournement" de l’utilisation originelle des titres restaurant, qui sont, selon elle, destinés à être utilisés pendant la période de travail. Ouvrir ces titres à une utilisation quotidienne, y compris pendant les jours de repos, pourrait nuire à leur objectif initial et créer des dérives. "L’utilisation d’un titre doit correspondre à une journée de travail", souligne-t-elle. Pour elle, cette flexibilité pourrait, à terme, compromettre l’équilibre de ce système conçu à l’origine pour favoriser les repas des salariés en période de travail et soutenir ainsi l'activité des restaurateurs pendant ces moments précis.

Le gouvernement, pour sa part, semble prendre la question au sérieux. Le ministère de l’Économie a promis une prise de décision avant l’été, soulignant qu’un arbitrage serait nécessaire pour trancher sur cette question, entre les avantages revendiqués par les salariés et les préoccupations des professionnels du secteur.

👁 L’œil de l’expert : un ajustement nécessaire, mais prudent

Si l'idée d'ouvrir les titres restaurant à une utilisation plus flexible est séduisante pour de nombreux salariés, elle doit être abordée avec précaution. L'extension de leur usage pourrait certes offrir un nouveau levier pour le pouvoir d'achat, mais elle pourrait aussi entraîner des dérives ou des tensions avec les restaurateurs qui ne sont pas préparés à une telle demande. Il conviendrait d’examiner de près l'impact économique d'une telle mesure et d'envisager des solutions intermédiaires pour répondre aux besoins des salariés tout en préservant l’équilibre du système. Un cadre plus souple, mais régulé, pourrait permettre une transition progressive tout en évitant les risques de distorsion de l'usage des titres-restaurant.

À propos de l'auteur

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français