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Photo d'un tableau de bord financier présentant une courbe de croissance des prix
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Inflation : le ralentissement se confirme pour le troisième mois consécutif mais...

L’Insee a confirmé en mars 2025 que la hausse des prix à la consommation continuait de ralentir, marquant son troisième mois consécutif de stabilité. Cependant, cette tendance à la baisse masque une réalité économique complexe où des disparités sectorielles persistent, et où le marché de l'emploi reste fragile. Ces éléments combinés risquent d’avoir un impact négatif sur la dynamique économique du pays, notamment pour le premier semestre de 2025. que se cache-t-il derrière ce ralentissement de l'inflation? Pour quelles perspectives économiques  et sociales?

➡️ Stabilité des prix, mais des tensions persistantes

Les derniers chiffres de l’Insee indiquent une progression des prix à la consommation de seulement 0,8 % en mars 2025, une stabilité confirmée après le mois de février. Toutefois, cette modération de l’inflation cache des divergences importantes selon les secteurs. Tandis que les prix de l'énergie, influencés par la baisse du tarif réglementé de l’électricité, continuent de fléchir, les produits manufacturés connaissent également un léger recul. En revanche, les prix des produits alimentaires, notamment les produits frais, continuent d'augmenter. Cette hausse est accompagnée d'une augmentation générale des prix dans les services, dont les assurances.

Bien que la tendance générale semble stable, ces hausses sectorielles pèsent particulièrement sur les budgets des ménages, notamment ceux des plus modestes. Si la baisse des prix de l'énergie offre un certain soulagement, l’augmentation continue des prix alimentaires et des services crée des pressions sur le pouvoir d'achat, surtout dans un contexte de dépenses de consommation déjà fragiles.

🌡 Le marché du travail sous pression : une reprise fragile menacée par le chômage

Parallèlement à cette situation économique instable, le marché de l’emploi se trouve dans une phase d'ajustement délicate. Selon les prévisions de l’Insee, le taux de chômage devrait augmenter, passant de 7,3 % à 7,6 % d'ici la mi-2025. Cette hausse est en grande partie attribuée à l’élargissement de la population active, notamment en raison de la réforme des retraites qui incite davantage de seniors à prolonger leur activité professionnelle. En outre, la création nette d’emplois ralentit, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché du travail.

Cette situation pourrait avoir des conséquences négatives sur la consommation des ménages, en particulier sur leur moral et leur confiance dans l’avenir économique. Le chômage, bien qu’encore modéré, représente un frein potentiellement décisif à la reprise de la consommation, en particulier dans un environnement où les ménages cherchent à reconstituer une épargne fortement sollicitée pendant la période de forte inflation.

👁 L'œil de l'expert: reprise modérée et hypothétique

La confirmation du ralentissement de l’inflation en France est un signal positif, mais il ne constitue pas, à lui seul, un gage de reprise économique solide. Les disparités sectorielles, avec une inflation persistante dans les produits alimentaires et les services, mettent sous pression les budgets des ménages, notamment ceux des plus modestes. Par ailleurs, la fragilité du marché du travail, alimentée par la hausse du chômage, pèse également sur les perspectives de consommation. L’inflation maîtrisée doit être accompagnée d’une amélioration de la situation de l’emploi pour restaurer la confiance des consommateurs et relancer la dynamique économique.

À propos de l'auteur

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français