Le Bail Réel Solidaire: une solution méconnue pour devenir propriétaire à moindre coût
Le bail réel solidaire (BRS), dispositif permettant d'acheter un logement neuf à un prix réduit jusqu'à -50%, reste largement ignoré, malgré son efficacité et son potentiel pour résoudre la crise du logement dans des villes comme Rennes par exemple. Bien que mis en place depuis près de dix ans, ce système innovant peine à se faire connaître, notamment auprès du grand public. Si l’idée d’acheter un bien immobilier à un prix bien inférieur à celui du marché attire, les préjugés et le manque d’information freinent son adoption. Quelles sont les raisons de cette méconnaissance et comment le BRS peut-il véritablement transformer l’accession à la propriété ?
⚙️ Le mécanisme du BRS : dissocier le foncier et le bâti
Dans un de ces derniers articles, l'AFP nous rappelle que le BRS repose sur un principe simple mais novateur : il sépare l’acquisition du terrain de celle du bâti. L’acheteur ne devient propriétaire que des murs de son logement, tandis que le terrain reste la propriété d'un Office foncier solidaire (OFS), contre une redevance mensuelle. Cette dissociation permet une réduction significative du prix de vente, rendant l’accession à la propriété abordable pour un plus grand nombre. François Mouaze, propriétaire d'une maison en BRS à Rennes, témoigne : "J’ai payé environ 225 000 euros pour une maison flambant neuve, soit moitié moins qu'une maison équivalente en accession pleine." Cette solution s’avère d’autant plus pertinente dans des villes où la crise du logement frappe particulièrement fort, comme Rennes, qui mise sur cette approche pour augmenter l’offre de logements abordables.
Un dispositif encore trop méconnu
Bien que le BRS offre une alternative précieuse pour les ménages aux revenus moyens, la connaissance de ce dispositif reste inégale, même dans les territoires où il a été implanté, comme à Rennes. Honoré Puil, vice-président en charge de l’habitat à Rennes métropole, souligne que "90% des locataires de la métropole sont éligibles au dispositif", mais un travail de pédagogie reste encore à faire. Pour mieux faire connaître ce dispositif, la métropole a lancé une campagne publicitaire, mettant en avant des habitants qui en bénéficient déjà, à l’image de Nathalie Stoschek, enseignante-chercheuse à Rennes, qui y a vu une "occasion en or". Cette campagne vise à lever les doutes, en particulier ceux qui subsistent concernant la plus-value limitée lors de la revente. L’une des craintes majeures est le fait que le prix de revente d’un bien acquis en BRS soit strictement encadré, ce qui pourrait freiner certains potentiels acheteurs. Néanmoins, Claire Carriou, spécialiste de l’habitat, remarque que pour de nombreux ménages, le BRS est "la seule option possible" pour accéder à la propriété. Ainsi, bien que ce modèle ne soit pas une solution universelle, il apparaît comme une véritable opportunité pour ceux qui en comprennent les avantages, notamment dans des villes où le marché immobilier est particulièrement tendu.
👁L'œil de l'expert : Quelques recommandations pour une adoption plus large
Le BRS représente une réponse efficace et novatrice à la crise du logement, mais il nécessite encore une large phase de sensibilisation. Les autorités locales et les promoteurs doivent intensifier leurs efforts de communication pour que ce système devienne une option évidente pour tous ceux qui souhaitent devenir propriétaires sans se ruiner. De plus, il serait pertinent d’envisager une révision des mécanismes de revente afin de permettre une certaine souplesse dans les conditions économiques des futurs propriétaires. Le BRS, bien qu’encore méconnu, pourrait rapidement s’imposer comme un outil incontournable pour favoriser l’accession à la propriété dans un environnement économique de plus en plus difficile.
À propos de l'auteur
Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français